Le problème des déchets textiles au Cambodge

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Un nouveau rapport met en évidence les milliers de tonnes de déchets de tissu produites par l’industrie de l’habillement au Cambodge, ainsi que les problèmes liés à leur mise en décharge ou à leur combustion dans des fours à briques.

 

Ce rapport a été rédigé par Hanna Guy, consultante pour FABRIC (Fostering and Advancing Sustainable Business and Responsible Industrial Practices in the Clothing Industry in Asia), et commandité par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), qui travaille pour le compte du ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement.

 

FABRIC traite entre autres de la notion de durabilité dans l’industrie du textile et de l’habillement dans ses dimensions à la fois sociales, économiques et environnementales.

 

Le problème du traitement des déchets textils au Cambodge 

Cette étude vise à cartographier le flux de déchets liés à l’industrie du textile, en exposant le rôle des parties prenantes et de la consommation, afin d’évaluer le devenir de ces déchets.  
Il est aussi question d’évaluer la viabilité de l’installation d’une possible usine de recyclage de ces déchets textiles dans un tel contexte. 

« Les informations recueillies contribueront à une étude de faisabilité plus large visant à déterminer s’il existe une demande pour le recyclage des textiles industriels nationaux« , indique le rapport.

L’étude a été menée entre février et mars 2021 avec la participation des acteurs formels et informels de l’industrie du textile, en estimant, dans la mesure du possible, les quantités de déchets qui transitent par ces flux.

Selon le rapport, de nombreuses parties prenantes, en particulier dans les usines, ont reconnu que le processus actuel des déchets textiles est compliqué et controversé, en particulier en ce qui concerne la vente même des déchets.
Officemment,  les déchets textiles de l’industrie de l’habillement sont éliminés dans des décharges appartenant à des entreprises d’élimination des déchets agréées. Cependant, en parallèle s’est développée une industrie officieuse florissante également en lien avec le traitement de ces déchets. 

« Outre les décharges, les déchets se retrouvent très souvent soit brûlés dans les usines et les briqueteries, soit exportés dans d’autres pays. Dans de très rares cas, ils peuvent être recyclés« , peut-on lire dans le rapport.
 

Une industrie du traitement des déchets peu réglementée

Les déchets industriels du Cambodge comprennent environ 60 % de déchets textiles et d’habillement. La plupart de ces déchets étant des déchets de coupe.

 

Or la demande de déchets de coupe a diminué en 2019 en raison de changements dans la réglementation des importations de déchets dans plusieurs pays, d’une plus grande sensibilisation aux impacts de la combustion des tissus dans les fours à briques et d’une plus grande difficulté à obtenir une licence pour l’exportation vers le Vietnam.

 

Ainsi, la vente de déchets de tissus destinés à être brûlés dans des fours à briques a augmenté, ce qui s’accompagne d’une forte dégradation de l’environnement et d’un impact social important.

 

« L’industrie n’est pas réglementée et consomme d’importants volumes de ressources naturelles. Elle est largement non enregistrée et notoirement connue pour enfreindre les lois nationales et les accords mondiaux sur les droits de l’homme. L’industrie des fours à briques, quant à elle, a  beaucoup évolué et continue de s’orienter vers des sources de combustible plus durables et plus économes en énergie. Cependant, ces progrès n’empêchent pas les fours d’occuper une place encore importante dans la filière du traitement des déchets textiles du Cambodge, ni de nuire à l’environnement et aux communautés impliquées dans le secteur”, conclut l’étude sur ce point. 

 

De nouvelles opportunités à saisir pour moderniser l’industrie du textile et de l’habillement

Le rapport présente toutefois des opportunités à saisir pour l’industrie et met en avant les pratiques conventionnelles de traitement des déchets, en en soulignant les soutiens économiques, gouvernementaux et administratifs possibles.

 

La question des déchets textiles et de leur devenir se pose en effet dans toute l’Asie du Sud et des changements sont déjà à l’œuvre.

 

En effet, la Chine a mis en œuvre une série de réformes en matière de gestion des déchets au cours des dernières années, dont l’interdiction de l’importation de déchets textiles en 2017. D’ici à la fin de 2020, l’importation de tous les déchets dans le pays aura été interdite. 

Dans le sillage de la Chine, la Malaisie et le Viêt Nam ont réduit les quotas d’importation de déchets sur leur territoire.

Des pays comme le Bangladesh ont lancé avec succès des programmes avancés de recyclage des textiles afin de créer une économie circulaire au sein de l’industrie de l’habillement et de réduire les déchets mis en décharge.

 

Ainsi, l’industrie cambodgienne de l’habillement devra évoluer pour rester compétitive face à toutes ces évolutions. 

 

L’étude de FABRIC indique tout de même que des politiques sont en train d’être mises en place pour réglementer la gestion des déchets au Cambodge. Ces politiques prévoient notamment la sous-traitance de l’élimination des déchets à des entrepreneurs du secteur privé agréés. 

 

Les opportunités positives telles que les grands volumes de déchets disponibles dans le pays et le développement de stratégies nationales de gestion des déchets suggèrent aussi la viabilité de l’établissement d’une installation de recyclage des déchets textiles industriels. Une première étape nécessaire selon l’étude dans l’application de pratiques circulaires pour l’industrie.

 

Toutefois, le rapport précise que pour “abandonner les pratiques actuelles profondément ancrées dans le traitement des déchets, il faudra trouver un équilibre entre l’éducation, l’influence des marques, l’élaboration et la mise en œuvre de politiques gouvernementales, ainsi que par l‘instauration d’incitations financières. »

 

Phoung Vantha

 

Avec l’aimable autorisation de Cambodianess, qui a permis de traduire cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone.

 

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