
Au Cambodge, il existe des grottes calcaires s’étendant sur des milliers de kilomètres. Ces espaces, pour la plupart inexplorés, sont souvent séparés les uns des autres, ce qui a permis à la vie d’y évoluer de façon unique.
Une étude des grottes de la province de Battambang, dans lenord-ouest du pays, a ainsi permis la découverte de plusieurs nouvelles espèces, dont une vipère, un serpent volant et plusieurs geckos, rapporte CNN.
Un travail insolite
Cette étude, publiée le 23 mars, a été menée par l’organisation caritative britannique de conservation Fauna & Flora, en lien avec le ministère cambodgien de l’Environnement et plusieurs experts locaux et internationaux. Elle a consisté en l’exploration, entre novembre 2023 et juillet 2025, de 64 grottes de 10 collines issues des formations karstiques de la région. Ces paysages complexes et chaotiques formés par l’érosion occupent environ 9 % de la superficie du Cambodge, soit 20,000 m2. « Une grande partie de cette zone est encore inconnue de la science », précise le rapport.
Quatorze grottes n’avaient d’ailleurs jamais été répertoriées. Les chercheurs partaient le plus souvent de nuit, lors de la période d’activité des animaux. « On inspectait chaque crevasse, en explorant les grottes du paysage, les rochers, les branches, la végétation, vraiment partout. C’était une sorte de belle expédition de recherche », a déclaré Pablo Sinovas, biologiste de la conservation qui a dirigé l’équipe de Fauna & Flora au Cambodge.
Des espaces riches mais menacés
Leur travail a payé. Au total, huit espèces ont été découvertes et reconnues officiellement, dont trois de geckos, deux de micro-escargots, deux de mille-pattes et un serpent volant. De plus, quatre autres espèces ont été trouvées mais sont encore en cours de dénomination et de caractérisation officielles. Il s’agit de trois autres espèces de geckos et d’une nouvelle espèce de vipère à fosse de couleur turquoise. Par ailleurs, des espèces menacées comme le pangolin de la Sonde, le paon vert, le macaque à longue queue et le macaque à queue-de-cochon du Nord, ont pu être observés durant l’étude.
À la lumière de ces résultats, l’équipe a insisté sur l’importance de poursuivre le travail sur les grottes du Cambodge. « Il reste encore beaucoup d’explorations à faire. Nous n’avons fait qu’effleurer la surface », a assuré Pablo Sinovas. L’accès à certaines grottes peut toutefois être rendu compliqué par la présence de très nombreuses chauves-souris. Une partie de ces formations sont par ailleurs menacées, notamment par l’industrie du ciment, ce qui risque inévitablement d’engendrer des disparitions d’espèces entières.
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