
[Article déjà publié le 04 avril
2026]
La Terre abrite encore des endroits que la science n’a jamais
cartographiés. Les grottes calcaires du Cambodge en font partie.
Les premières expéditions dans ces labyrinthes souterrains viennent
de confirmer ce que les biologistes soupçonnaient depuis
longtemps.
Les grottes du Cambodge, un réservoir de nouvelles espèces
encore inexploré
Les falaises calcaires du Cambodge couvrent plus de 20 000
kilomètres carrés, soit environ 9% du pays. Ces paysages truffés de
grottes, de tunnels et de gouffres restent pour une large part
inconnus de la science. Entre novembre 2023 et juillet 2025, une
équipe de Fauna & Flora et du ministère cambodgien de
l’Environnement a exploré 64 grottes sur 10 collines dans la
province de Battambang. Le bilan dépasse les attentes. Les
chercheurs ont identifié 11 nouvelles espèces, dont une vipère
turquoise, un serpent volant, plusieurs geckos, deux
micro-escargots et deux mille-pattes.
Chaque colline fonctionne comme une île coupée du reste du
monde. Les animaux qui s’y installent évoluent de leur côté, sans
jamais croiser ceux des collines voisines. C’est ce qui rend ces
endroits si précieux pour la biologie. Le magazine GoodPlanet rapporte les propos
de Pablo Sinovas, directeur de l’expédition au Cambodge. Il résume
la situation en ces termes « Vous pouvez aller dans une cavité,
prélever n’importe quoi et vous découvrirez probablement quelque
chose de nouveau. » Les chercheurs ont d’ailleurs identifié quatre
populations d’un même
gecko. Chacune évolue différemment sur un territoire pourtant
commun. Une seule espèce, mais quatre trajectoires distinctes.
Une vipère turquoise et un serpent volant, deux découvertes
hors du commun
La vipère turquoise est l’une des trouvailles les plus
frappantes. Son nom officiel reste à attribuer. Elle appartient à
un groupe de serpents venimeux dotés d’un organe très particulier
sur la tête, capable de détecter la chaleur corporelle des proies
dans l’obscurité totale. Sa couleur turquoise est rarissime chez
les serpents venimeux. Trois geckos de l’expédition attendent
encore d’être officiellement classifiés.
Or le serpent volant fascine pour d’autres raisons. Ce reptile
est capable d’aplatir son corps pour planer d’un arbre à l’autre en
ondulant dans les airs. Sa présence dans cette région du Cambodge
était totalement inconnue jusqu’à cette mission. Selon CNN, les sorties nocturnes
représentaient la partie la plus productive de l’expédition. Des
heures de terrain rocheux parcouru à la torche, à inspecter chaque
crevasse, chaque branche, chaque recoin.
Ces nouvelles espèces du Cambodge
révèlent l’étendue de ce que la science ignore encore
Les 11 nouvelles espèces ne représentent probablement qu’un
aperçu. Sur une seule colline du district de Banan, les chercheurs
ont recensé 14 grottes jamais répertoriées auparavant. Par
ailleurs, l’expédition a repéré des animaux mondialement menacés
dans ce paysage, dont le pangolin de Sonde, le paon vert et deux
espèces de
macaques. Lee Grismer, biologiste à l’université La Sierra en
Californie, compare chaque colline à une expérience naturelle menée
de façon indépendante depuis des millions d’années.
Dès lors, ces habitats subissent une pression qui ne faiblit
pas. L’extraction de calcaire pour fabriquer du ciment, le tourisme
non maîtrisé, la chasse et les incendies menacent directement ces
écosystèmes. Il le formule sans détour. Détruire l’habitat d’une
espèce qui ne vit nulle part ailleurs entraîne son extinction,
parfois avant même que la science ne l’ait décrite. Certaines
pourraient ainsi disparaître sans avoir reçu le moindre nom.
{link} Ce post a été trouvé sur internet par notre rédaction voici la source Source

