
Rares sont les apparitions du souverain du Cambodge, Norodom Sihamoni, qui quitte rarement son palais de Phnom Penh, où il reste un demi-dieu pour les Cambodgiens car il incarne son pays martyrisé, qui a failli disparaître dans le génocide perpétré par les Khmers rouges.
Directeur d’études à la prestigieuse École française d’Extrême-Orient, Olivier de Bernon dirige, depuis 35 ans, le programme de conservation et d’études des manuscrits du Cambodge, mission confiée jadis par le roi Sihanouk et prolongée par son fils Sihamoni.
Ce Français, aujourd’hui probablement le meilleur connaisseur du Cambodge, parlant couramment le khmer, vient d’être nommé par le roi Haut conseiller privé. De Bernon, que j’ai rencontré au Cambodge à l’époque où les Khmers rouges occupaient encore des maquis dans la région des temples, reste un personnage digne des romans de Kipling ou de Malraux. Un profil qui n’a pas échappé à Dominique Bajot, féru d’Asie, secrétaire perpétuel de la centenaire Académie des sciences d’outre-mer, dont De Bernon est membre.
Vous m’avez offert de connaître une institution qui place l’humanisme au cœur de sa vocation. La devise « Aimer, savoir, comprendre, respecter » inspire bienveillance et élève vers un idéal dont on voudrait être digne.
Pour cette vénérable institution, et de Bernon, sa majesté a accepté de rejoindre l’académie où il a été reçu par la présidente Christine Dessouches, engagée dans la francophonie, et l’académicien Xavier Darcos, chancelier de l’Institut de France. « Vous m’avez offert de connaître une institution qui place l’humanisme au cœur de sa vocation. La devise « Aimer, savoir, comprendre, respecter » inspire bienveillance et élève vers un idéal dont on voudrait être digne », dit le roi, en remerciement.
Il rappela l’émerveillement d’Auguste Rodin devant la gestuelle des danseuses traditionnelles khmers et l’engagement de son arrière-grand-père, le roi Monivong dans la Légion étrangère, ainsi que la restauration du monument aux morts de la Grande guerre – un poilu au côté d’un soldat cambodgien – que les Khmers rouges avaient rasé. Même s’il regrette que la langue française ne soit plus aussi vivace, il se réjouit de la tenue, en 2026, du 20e sommet de la francophonie devant les temples d’Angkor. Car, dit-il d’une voix douce, le Français est « une langue que je tiens moi-même pour l’une des plus belles du monde ». Puis, il a salué, les mains jointes dans la tradition khmère, ses « chers confrères », en s’engageant à se tenir informé des travaux de l’Académie dont il est désormais membre.
{link} Ce post a été trouvé sur internet par notre rédaction voici la source Source

