Thaïlande-Cambodge : début des négociations en Malaisie, au cinquième jour des combats

Le premier ministre malaisien, Anwar Ibrahim (au centre), le premier ministre cambodgien, Hun Manet (à gauche) et le premier ministre par intérim thaïlandais Phumtham Wechayachai, lors des négociations sur un éventuel cessez-le-feu entre la Thaïlande et le Cambodge, à Putrajaya, le 28 juillet 2025. Le premier ministre malaisien, Anwar Ibrahim (au centre), le premier ministre cambodgien, Hun Manet (à gauche) et le premier ministre par intérim thaïlandais Phumtham Wechayachai, lors des négociations sur un éventuel cessez-le-feu entre la Thaïlande et le Cambodge, à Putrajaya, le 28 juillet 2025.

Le premier ministre thaïlandais par intérim, Phumtham Wechayachai, et son homologue cambodgien, Hun Manet, ont entamé, lundi 28 juillet, des pourparlers en vue de mettre un terme aux affrontements meurtriers qui font rage à leur frontière depuis cinq jours. Ces négociations ont lieu sous l’égide du dirigeant malaisien, Anwar Ibrahim, dans sa résidence de la capitale administrative Putrajaya vers 15 h 15 (9 h 15 à Paris), selon l’Agence France-Presse (AFP).

La Thaïlande et le Cambodge continuent de s’accuser mutuellement d’entretenir les hostilités, et chaque camp a remis en cause la sincérité de l’adversaire, avant de s’asseoir à la table des négociations, sous l’œil des Etats-Unis et de la Chine.

Avant d’embarquer pour la Malaisie, Phumtham Wechayachai a dit douter des intentions du camp rival. « Nous ne pensons pas que le Cambodge agisse de bonne foi, compte tenu de leurs actions pour régler le problème. Ils doivent faire preuve d’une intention sincère », a-t-il déclaré.

« Nous avons besoin de discussions bilatérales pour négocier l’arrêt des combats. Cependant, un cessez-le-feu ne signifie pas que tout reviendra comme avant », a prévenu le dirigeant.

Les discussions, à Kuala Lumpur, visent à « rétablir la paix », avait déclaré dimanche le porte-parole thaïlandais, Jirayu Houngsub, cité dans un communiqué. La Malaisie occupe cette année la présidence tournante de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean), dont les deux pays voisins sont membres. « Je discute des paramètres, des conditions, mais ce qui est important, c’est [un] cessez-le-feu immédiat », a déclaré le premier ministre malaisien, Anwar Ibrahim, qui s’était proposé comme médiateur dès jeudi.

Des pourparlers salués par la Chine

La Chine a déclaré lundi saluer les initiatives visant à une désescalade. « Nous appelons les deux parties à privilégier les intérêts communs de leurs peuples, à valoriser un esprit d’harmonie et de bon voisinage, à faire preuve de retenue et de modération, ainsi qu’à œuvrer au plus vite pour un cessez-le-feu et pour la cessation des hostilités », a déclaré devant la presse Guo Jiakun, un porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois.

La Thaïlande et le Cambodge ont échangé des tirs d’artillerie pour la quatrième journée d’affilée, dimanche. Les deux royaumes d’Asie du Sud-Est sont engagés dans l’épisode le plus meurtrier en près de quinze ans d’un différend territorial au long cours. Les échanges de tirs, bombardements et frappes aériennes ont fait au moins 34 morts et provoqué le déplacement d’environ 200 000 personnes.

Les deux camps, joints samedi par le président américain, Donald Trump, ont assuré vouloir engager des discussions, mais, dimanche au petit matin, les combats ont repris ; chaque capitale a accusé l’autre de manquer à sa parole.

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Une porte-parole du ministère de la défense cambodgien, Maly Socheata, a affirmé que la Thaïlande avait attaqué à 4 h 50 (23 h 50, samedi, à Paris) deux temples contestés dans le Nord-Ouest, théâtre des premiers affrontements survenus jeudi matin. Bangkok a commis des « actes d’agression délibérés et coordonnés », a-t-elle déclaré dans un communiqué, en dénonçant les « mensonges et prétextes » de l’armée thaïlandaise pour justifier l’« invasion illégale » du territoire cambodgien.

Relations diplomatiques tendues

Le ministère des affaires étrangères thaïlandais a évoqué, de son côté, des « tirs d’artillerie lourde » de l’armée cambodgienne visant des « maisons de civils » dans la province de Surin, aux alentours de 4 h 30 (23 h 30, samedi à Paris). « Toute cessation des hostilités est impossible tant que le Cambodge fait preuve d’un manque flagrant de bonne foi et continue de violer de manière répétée les principes fondamentaux des droits humains et du droit humanitaire », a fait savoir Bangkok. L’armée thaïlandaise a aussi accusé dimanche le Cambodge de recourir à des « armes à longue portée ».

Ces derniers jours, le conflit s’est élargi à de multiples fronts, parfois éloignés de plusieurs centaines de kilomètres entre eux, de la touristique province thaïlandaise de Trat, sur le golfe de Thaïlande, jusqu’à une zone surnommée « le Triangle d’émeraude », proche du Laos.

Une maison détruite par des tirs d’artillerie cambodgiens, dans la province de Surin (Thaïlande), le 27 juillet 2025. Une maison détruite par des tirs d’artillerie cambodgiens, dans la province de Surin (Thaïlande), le 27 juillet 2025.

Les relations diplomatiques entre les deux voisins, liés par de riches liens culturels et économiques, sont au plus bas depuis des décennies. Les événements en cours ont fait vingt et un morts du côté thaïlandais, dont huit soldats, alors que le Cambodge a fait état d’un bilan de treize morts, dont cinq militaires. Plus de 138 000 Thaïlandais ont évacué les zones à risques, selon Bangkok, et plus de 80 000 Cambodgiens de leur côté de la frontière, ont fait de même d’après Phnom Penh.

Les deux pays contestent le tracé de leur frontière commune, définie durant l’Indochine française. Avant les combats actuels, l’épisode le plus violent lié à ce différend remontait à des affrontements autour du temple de Preah Vihear, entre 2008 et 2011, qui avaient fait au moins une quarantaine de morts et des dizaines de milliers de déplacés.

Le tribunal des Nations unies avait donné raison au Cambodge par deux fois, en 1962 et en 2013, sur la propriété du temple de Preah Vihear, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, et sur celle de la zone alentour.

Le Monde avec AFP

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