Tensions frontalières: le Cambodge menace la Thaïlande d’embargo

Publié16. juin 2025, 08:59

Différend frontalierLe Cambodge menace d’interdire les fruits et légumes thaïlandais

Les deux royaumes montrent les muscles depuis la mort récente d’un soldat cambodgien lors d’un échange de tirs avec l’armée thaïlandaise, qui a ravivé des rancœurs.

Agence France-Presse
Le Cambodge a saisi la Cour internationale de Justice (CIJ) au sujet de quatre zones disputées, après l’échec de négociations pour apaiser la situation.

Le Cambodge a saisi la Cour internationale de Justice (CIJ) au sujet de quatre zones disputées, après l’échec de négociations pour apaiser la situation.

Illustration Pexels

Le puissant dirigeant cambodgien Hun Sen a lancé, lundi, un ultimatum à la Thaïlande sous peine d’interdire l’importation de fruits et de légumes thaïlandais, dans le dernier épisode en date des tensions entre les deux pays. Les deux royaumes d’Asie du Sud-Est montrent les muscles depuis la mort récente d’un soldat cambodgien lors d’un échange de tirs avec l’armée thaïlandaise, qui a ravivé de vieilles rancœurs sur le tracé contesté de leur frontière commune.

Dernièrement, Bangkok a renforcé les contrôles aux frontières, affectant de nombreux travailleurs transfrontaliers, ce à quoi Phnom Penh a répondu en lançant un boycott des séries et films thaïlandais, ou en arrêtant l’achat de bande passante auprès de son voisin.

«Si la Thaïlande n’ouvre pas des passages frontaliers à la normale aujourd’hui (lundi), demain (mardi) nous interdirons sur toute la frontière l’importation au Cambodge de fruits et de légumes», a écrit Hun Sen sur Facebook. Son fils Hun Manet, le Premier ministre, a prévenu son homologue thaïlandaise, a-t-il poursuivi. Actuellement président du Sénat, Hun Sen, 72 ans, a dirigé le Cambodge pendant environ quarante ans et demeure une personnalité incontournable, bien qu’il ait quitté le gouvernement en 2023.

«Il n’y a que les voleurs qui ont peur du tribunal»

Le Cambodge a annoncé dimanche qu’il avait saisi la Cour internationale de Justice (CIJ) au sujet de quatre zones disputées, après l’échec de négociations pour apaiser la situation. Le tribunal des Nations Unies, basé à La Haye, a donné raison à Phnom Penh par deux fois, en 1962 et en 2013, sur la propriété du temple Preah Vihear, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, et d’une zone alentour. Bangkok a réaffirmé de son côté qu’il ne reconnaissait pas l’autorité de la CIJ sur la question. «Il n’y a que les voleurs qui ont peur du tribunal», a lancé Hun Sen.

Le Cambodge et la Thaïlande s’opposent de longue date sur le tracé de leur frontière longue de plus de 800 kilomètres, défini en grande partie par des accords conclus durant l’occupation française de l’Indochine. En 2011, des affrontements autour du temple Preah Vihear ont fait au moins 28 morts et des dizaines de milliers de déplacés. Les tensions ont repris de plus belle, sur fond de flambée du discours nationaliste, après la mort, le 28 mai, d’un soldat khmer lors d’échanges de coups de feu dans un lieu connu sous le nom de «Triangle d’Emeraude», chaque pays accusant l’autre d’avoir tiré en premier.

(les/nc)

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