Retrouvailles « Immersion Cambodge-Tunisie, 10ans après, que sont-i.elles devenu.e.s?

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Il y a un peu plus de dix ans, en octobre 2015, nous étions une quinzaine de Bourguignons et Francs-comtois à nous rendre au Cambodge, accompagnés de deux militants des droits humains tunisiens (Mounir et Amani) afin de rencontrer les ouvrières du textile et les travailleuses du sexe. Notre objectif était de croiser nos regards sur les conditions de vie des femmes (et de certains hommes) dans les usines textiles du Cambodge et de Tunisie. Ce voyage avait été pour nous une vraie révélation et un coup de semonce dans notre confort d’Européens bien installés. Nous avions découvert une pauvreté voire une misère brute mais aussi une capacité à se mobiliser, à prendre son destin en main et à lutter pour plus de justice.

Au retour de cette immersion, nous avions mis sur pied une conférence gesticulée, « l’ét(h)iquette qui gratte », que nous avons jouée pendant deux années en Bourgogne Franche-Comté et bien au-delà, dépassant nos limites, quittant nos zones de confort pour porter les voix de tous ces visages rencontrés. Nous ne pouvions plus nous taire !

Et alors ? Que reste-t-il de tout cela dix années plus tard ? Que sont devenus tous ces visages ? Que sont devenues nos belles promesses de ne pas oublier ces héroïnes ? Bien-sûr, chez certains, l’élan premier a été quelque-peu émoussé par les difficultés de la vie, la routine d’un quotidien qui nous appelle à prendre soin de nos proches plutôt que des lointains. Mais, des enfants sont nés, des projets se sont structurés et de nouveaux engagements ont vu le jour dans l’aujourd’hui et l’ici de nos vies. Nous sommes tous interpelés par la montée d’un extrémisme nationaliste qui nous effraie et nous pousse à nous engager pour que les droits humains ne soient pas bafoués dans notre pays.

Et puis certain(e)s sont toujours à l’affût de ce qui se vit au Cambodge et en Tunisie ; ont toujours un lien ténu mais vivant avec ces combattants. Ces héroïnes nous ont donné une leçon de vie et de lutte il y a dix ans et nous n’avons rien oublié. Les évoquer à nouveau, revoir leurs visages, savoir que d’autres (en région PACA) vont les rencontrer à nouveau ravivent notre envie de ne rien lâcher.

On lâche rien !

Anissa Léger

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