
C’est, en plein trumpisme triomphant, assez exceptionnel pour être signalé : malgré la décision de l’actuelle administration américaine de fermer l’agence d’aide étrangère USAID, Washington a annoncé cette semaine le déblocage d’un plan de financement de 45 millions de dollars (38,7 millions d’euros) pour renforcer le cessez-le-feu entre la Thaïlande et le Cambodge. Un signe, explique le South China Morning Post (SCMP), que “les États-Unis s’efforcent de reprendre l’ascendant sur la Chine dans la médiation du conflit entre ces voisins d’Asie du Sud-Est”.
Après de premiers affrontements durant l’été, le Cambodge et la Thaïlande se sont en effet livrés à une guerre larvée en décembre, entraînant plusieurs dizaines de morts et des millions de déplacés. Un cessez-le-feu a finalement pu être conclu le 27 décembre, suivi le lendemain par des pourparlers trilatéraux avec la Chine, qui a servi d’intermédiaire.
“La Chine a récemment promis environ 2,8 millions de dollars [2,4 millions d’euros] d’aide d’urgence pour régler ce problème, avance Deryk Baladjay, professeur de relations internationales à l’université De La Salle de Manille, aux Philippines, cité par le SCMP. En s’engageant à verser près de 16 fois ce montant, les États-Unis affirment haut et fort leur volonté de retrouver un rôle de premier plan dans la région.”
La paix d’abord
Cependant, la nature de cette aide interroge. Quinze millions de dollars (13 millions d’euros) seraient consacrés à la stabilisation des frontières, 10 millions de dollars (8,5 millions d’euros) au déminage, et 20 millions de dollars (17 millions d’euros) iraient à la lutte contre les escroqueries et les réseaux de trafic de drogue.
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Cette dernière somme “n’est pas assez importante pour être sincère, mais pas assez petite pour être insignifiante”, estime Sharon Seah, pour qui la question “n’a apparemment rien à voir avec le conflit frontalier dans son ensemble”.
Interrogée par le SCMP, cette chercheuse à l’Institut d’étude sur l’Asie du Sud-Est de Singapour exprime des doutes quant à la mise en œuvre du projet : “Comment les 15 millions de dollars prévus pour la stabilisation des frontières seront-ils utilisés ? Cet argent servira-t-il à construire de nouveaux logements, à rapatrier les gens ?” Et d’ajouter :
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