« Le monde entier vient pour les temples mais ignore à quel point il est difficile de les restaurer » : Angkor, un univers impitoyable

REPORTAGE – Aidé par la communauté internationale, le Cambodge poursuit inlassablement la remise en état de ses joyaux sacrés. Mais depuis le début de l’année, les touristes internationaux se font rares.

Les 35 degrés assortis d’épisodes de pluies diluviennes font courber la nuque. Mais rien ne semble altérer le moral des ouvriers en train de restaurer le temple de Phnom Bakheng. « En avril, c’était bien pire », s’amuse notre guide, Srey Om, juché sur le toit d’une des merveilles du site cambodgien d’Angkor.

À découvrir

Voilà huit ans que ce temple dédié à Shiva et construit sous le roi Yasovarman Ier (qui régna de 889 à 910) est en travaux, grâce aux fonds privés rassemblés par une ONG américaine, le World Monuments Fund (WMF). La terrasse a été rendue étanche, des blocs de pierre en grès et en latérite ont été retaillés, puis remplacés. Jusqu’à 108 personnes ont travaillé au redressement du temple. Autrefois, il comportait 108 tours, un chiffre sacré en lien avec le calendrier lunaire. Une fois son courage mobilisé pour grimper les marches vers le sommet, on perçoit encore les bases de certaines. Plus de mille ans après sa construction, même diminué, il tient encore debout, en dépit du manque…

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