
La Thaïlande et le Cambodge prévoient de rebâtir la confiance mutuelle et de consolider progressivement un cessez-le-feu après plusieurs semaines d’affrontements frontaliers, a annoncé Pékin dans un communiqué publié avec les deux pays à l’issue de discussions dans le sud-ouest de la Chine.
Les deux voisins d’Asie du Sud-Est ont mis fin samedi à des semaines de combats intenses qui ont fait au moins 101 morts et déplacé plus d’un demi-million de personnes, grâce à leur deuxième cessez-le-feu depuis la fin octobre.
Les principaux diplomates thaïlandais et cambodgiens se sont rendus dans la province chinoise du Yunnan pour des discussions trilatérales avec le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, afin d’évoquer la situation à la frontière dimanche et lundi.
Lors d’une rencontre avec ses homologues thaïlandais et cambodgien, Wang a qualifié le cessez-le-feu de « durement acquis » et a exhorté les deux nations à ne pas l’abandonner en cours de route ni à permettre la reprise des combats.
« Un consensus important a été atteint », a déclaré Wang, selon un communiqué publié par son ministère.
La Thaïlande et le Cambodge vont « rebâtir la confiance politique mutuelle, opérer un renversement dans leurs relations et préserver la paix régionale », selon un communiqué conjoint publié par le ministère chinois.
ÉTAPE PAR ÉTAPE
Le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a déclaré après les discussions qu’il voyait « la nécessité de renforcer progressivement la confiance et la sécurité entre les deux gouvernements et leurs populations ».
« La Thaïlande a rappelé que l’ajustement des relations devait se faire de manière progressive », indique un communiqué du ministère.
Il a également précisé que la Thaïlande « envisagerait la libération de 18 soldats après la période d’observation du cessez-le-feu de 72 heures et demanderait au Cambodge de faciliter le retour des Thaïlandais le long de la frontière ».
Des responsables de la défense thaïlandais et cambodgiens ont participé à ces discussions en Chine, avec plusieurs réunions bilatérales entre diplomates et responsables militaires des deux pays.
Le ministre cambodgien des Affaires étrangères, Prak Sokhonn, a indiqué à des médias locaux après les discussions en Chine qu’il y aurait une « communication ouverte » entre les ministres des Affaires étrangères et de la Défense « pour rebâtir la confiance ».
« Nous maintenons une communication ouverte pour éviter que de petits problèmes ne prennent de l’ampleur, afin que la relation entre les armées puisse être gérée sans accroc », a-t-il déclaré.
MINES ANTI-PERSONNEL
La dernière vague d’affrontements a débuté dès le début du mois, après la rupture d’un cessez-le-feu que le président américain Donald Trump et le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim avaient contribué à obtenir en juillet pour mettre fin à une précédente série de combats.
En signe de la fragilité possible du cessez-le-feu, l’armée thaïlandaise a signalé plus tôt lundi un incident lié à une mine anti-personnel dans la province frontalière de Sisaket. Un membre de son équipe de déminage a perdu sa jambe gauche et a été blessé à l’œil gauche, selon l’armée.
Les incidents liés aux mines anti-personnel ont été un facteur déclencheur des affrontements entre la Thaïlande et le Cambodge depuis juillet.
L’armée thaïlandaise a affirmé que « des preuves d’usage régulier de mines anti-personnel montrent que les forces cambodgiennes continuent d’utiliser de telles armes », qualifiant cela de « violation grave des principes humanitaires internationaux et inacceptable pour la communauté internationale ».
La Chine a indiqué être disposée à offrir un soutien au déminage.
Un communiqué du Secrétariat d’État cambodgien aux Affaires frontalières a annoncé qu’une réunion sur la délimitation de la frontière se tiendrait durant la première semaine de janvier à Siem Reap.
La partie thaïlandaise n’a pas encore confirmé la tenue de cette réunion.
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