
Permis de travail pour les réfugiés sans papiers birmans, importations de main-d’œuvre du Sri Lanka, recours aux prisonniers ou aux soldats… le gouvernement thaïlandais tente par tous les moyens de remédier au départ des dizaines de milliers d’ouvriers et d’ouvrières cambodgiens ayant quitté le pays à la suite des affrontements à la frontière entre Cambodge et Thaïlande.
“Pour échapper au harcèlement constant, de nombreux Cambodgiens sont rentrés. Et par conséquent le secteur privé en subit les conséquences”, écrit Nikkei Asia. “La construction, l’agriculture et la pêche dépendent fortement des travailleurs étrangers, légaux et illégaux, en particulier ceux provenant des pays voisins que sont la Birmanie, le Cambodge et le Laos”, poursuit le journal dans un autre article.
“Selon le ministère du Travail, 500 606 Cambodgiens détenaient un permis de travail en juillet. Mais l’Organisation internationale pour les migrations, une agence des Nations unies, estime que 500 000 ressortissants cambodgiens supplémentaires pourraient habiter en Thaïlande de manière irrégulière. Ainsi, le Cambodge serait la deuxième source de main-d’œuvre étrangère du pays, après la Birmanie”, précise le titre d’information régionale.
Difficile de comptabiliser les départs
Kiriya Kulkolkarn, une enseignante de la faculté d’économie de l’université Thammasat, à Bangkok, qui travaille sur les travailleurs migrants, explique au site Khao Sod :
“Il n’existe aucun chiffre officiel confirmant le nombre de travailleurs cambodgiens étant rentrés chez eux. Le gouvernement est peu susceptible de divulguer cette information pour des raisons de sécurité.”
“Selon les rapports des organisations de la société civile, entre 300 000 et 400 000 travailleurs cambodgiens, soit environ 90 % du total, seraient partis”, poursuit Khao Sod.
Soulignant combien l’économie thaïlandaise dépend de cette main-d’œuvre étrangère et de l’urgence de la situation, le gouvernement multiplie les annonces. Un “projet pilote” visant à accueillir 10 000 travailleurs sri-lankais a été approuvé le 19 août. “Le plan prévoit également de faire venir des travailleurs d’autres pays, tels que le Népal, le Bangladesh, l’Indonésie et les Philippines.”
Régularisation de 42 000 Birmans
Outre l’importation de travailleurs migrants venus du Sri Lanka, le gouvernement a validé le 26 août l’autorisation pour les réfugiés birmans ayant fui la guerre civile et vivant de manière précaire d’obtenir une autorisation de travailler, indique Khao Sod. Une manière d’aller vite car l’arrivée de candidats du Sri Lanka risque de prendre du temps, souligne Khao Sod. De nombreux Birmans sont déjà employés de façon irrégulière. Avec cette mesure, le pays espère ainsi régulariser 42 000 travailleurs. Les autorisations de travail seront valables un an.
En outre, le ministre de la Justice a proposé au ministère du Travail que les entreprises recourent aux condamnés en liberté conditionnelle, soit plusieurs centaines de milliers de personnes. Une disposition qui doit faire l’objet de discussions avec le ministère du Travail, toujours selon Khao Sod. Il est également envisagé, poursuit le site Internet, d’“employer de façon temporaire, notamment durant la période de moisson, en novembre, des soldats démobilisés ou démobilisables”.
Un exode durable ?
Mais, le départ des Cambodgiens sera-t-il durable ? Rien n’est moins sur tant la situation économique au Cambodge n’offre pas suffisamment d’emplois pour ceux qui sont revenus. D’autre part, de nombreux Cambodgiens travaillent en Thaïlande afin de payer leurs dettes contractées dans leur pays.
“Selon CEIC, une société d’analyse de données macroéconomiques mondiales, la dette des ménages cambodgiens a atteint un niveau record de 12,3 milliards de dollars [10,5 milliards d’euros] en août 2024”, expliquait Nikkei Asia début août.
Yong Makara, qui vient de rentrer au Cambodge après avoir travaillé en Thaïlande comme ouvrier du bâtiment pendant cinq ans, indiquait début août à Nikkei Asia : “Je ne sais pas si je retournerai [en Thaïlande] après la fin du conflit. Si je ne peux pas retourner en Thaïlande, je devrai trouver un emploi ici, mais je ne sais toujours pas où je pourrai en trouver un.”
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