Elodie Gossuin de retour du Cambodge avec l’UNICEF : « Je dois analyser ce que j’ai vécu avant d’en parler à mes enfants »

Récemment de retour d’une mission pour l’UNICEF au Cambodge, Élodie Gossuin confie à chaud ses émotions, partagées entre choc et espoir. À travers son regard de femme et de mère, c’est toute la complexité des enjeux climatiques et humanitaires qui se révèle : de la surprise face aux chiffres encourageants aux images fortes des familles en grande précarité.

« Psychologiquement, c’est difficile », admet d’entrée de jeu Élodie Gossuin quelques jours après son retour du Cambodge, où elle est partie pour une mission en tant qu’ambassadrice de l’UNICEF France. Après un long voyage, la fatigue se mêle au vertige émotionnel : « J’ai du mal à en parler mais c’est une expérience tellement belle en même temps ». Pour elle, nous raconter ces moments d’intensité vécus avec les équipes sur place et auprès des familles, c’est aussi une forme de thérapie, car on ne rentre jamais tout à fait indemne.

Son engagement remonte à douze ans, lorsque l’UNICEF l’a contactée enceinte pour lancer une collection de faire-parts de naissance solidaires. « J’ai trouvé l’idée super », se rappelle-t-elle. De cette première collaboration est né un lien fort : après plusieurs visites aux sièges de l’organisation, elle devient ambassadrice, puis part pour sa première mission au Sénégal. « Depuis, je pars en mission tous les deux ans en général », explique-t-elle. Sénégal, Mauritanie… Elle assiste et participe aux action de l’UNICEF sur ces territoires sur des thèmes aussi variés que la vaccination ou l’accès à l’école des petites filles.

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Les conséquences sur les enfants des problèmes climatiques au Cambodge

Au Cambodge, la mission portait sur les enjeux climatiques et leurs conséquences sur les enfants. Pour Élodie, voir concrètement l’impact du changement climatique est saisissant : « Tout se cumule : les effets du Covid, l’augmentation des prix de l’énergie, la baisse des denrées alimentaires, l’inflation ». Entre les pluies extrêmes et les sécheresses inédites, les saisons traditionnelles n’ont plus cours : « En permanence, ils subissent des inondations, des tempêtes, des glissements de terrain et doivent continuer leur vie quotidienne avec ça, donc aller à l’école, se nourrir, jouer… ».

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Sur le terrain, des parents, autrefois agriculteurs, ont par exemple dû partir travailler en ville, laissant enfants et grands-parents avec des moyens dérisoires : « Ils sont obligés de laisser les enfants au soin d’un voisin ou d’une tante ou d’un proche. Les garçons décrochent souvent de l’école pour aider, c’est courant », a-t-elle pu constater. L’eau, ressource vitale, devient ainsi un enjeu de santé. On estime que deux personnes sur dix environ n’ont pas accès à l’eau (17 %) et aux services d’assainissement (16 %) : « Il y a un énorme problème d’accès à de l’eau propre et potable, donc il y a énormément de maladies hydriques ». Parmi ses actions, l’UNICEF installe des points d’eau et des systèmes de filtration, notamment au sein des écoles et, parfois, l’établissement scolaire devient la source principale pour tout un village.

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« Nous avons le devoir de défendre leurs droits correctement »

La maman de 4 enfants peut cependant partager avec nous quelques indicateurs encourageants : « 94 % des enfants en âge de fréquenter l’école primaire sont scolarisés et 4 enfants sur 5 ont aujourd’hui accès à des services d’hygiène de base« . Mais ces chiffres masquent un tiers d’enfants « vivant dans des zones à risque climatique élevé ». Pour elle, parler de changement climatique ne doit pas rester un concept abstrait : « Nous avons le devoir de défendre leurs droits correctement ».

Malgré la dureté du constat, Élodie Gossuin conserve un regard lucide et déterminé : « C’est notre rôle de relayer ces témoignages, de sensibiliser là-bas et ici ». Pour cette mère de famille, chaque mission renforce sa conviction : « On peut faire confiance à l’UNICEF pour répondre à l’urgence mais il reste toujours beaucoup à faire. » Son message est simple et puissant : derrière chaque chiffre, il y a un enfant dont l’avenir dépend de notre volonté collective.

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« Des sujets universels qui rassemblent les femmes »

L’ancienne Miss France a pu tisser des liens puissants sur place, notamment avec les mères de famille : « C’était pur, je suis transcendée par tout l’amour que j’ai reçu. » Sur place, elle a pris le temps « de leur montrer qu’elles peuvent avoir confiance », abordant sans tabou des sujets aussi délicats que la sexualité ou la contraception. « On discutait de tout, vraiment comme des meilleures amies », explique-t-elle. Malgré des conditions de vie parfois extrêmes, elle confirme à quel point certains sujets universels rassemblent les femmes autour de la maternité et du couple : « Je leur disais que j’étais maman de deux paires de jumeaux, et tout de suite ça les faisait sourire… ça crée un lien ». À travers ces rencontres, elle constate que « les préoccupations premières des parents sont identiques : offrir un avenir à leur enfant », quels que soient les systèmes de santé ou d’éducation.

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De retour en France, le décalage est saisissant : « Le bagage est lourd quand tu rentres », confie-t-elle. Pour protéger ses enfants, Élodie choisit d’analyser, « de faire sa propre thérapie », avant de leur en parler, sans effacer les souvenirs trop douloureux : « Au contraire, je cherche à les revivre pour ne jamais oublier, car ces émotions sont constructives malgré tout. »

Un engagement qu’elle transmet à ses enfants

Son parcours « n’aurait pas cette cohérence sans ces missions » selon elle. À la maison en France, les missions avec l’UNICEF nourrissent les discussions familiales : « Je leur parle toujours de tout, en fonction de leur âge et des expériences« . Aborder l’excision avec ses filles, par exemple, permet de « prendre conscience de notre chance d’être des femmes libres ».

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Ce dialogue est un outil d’éveil et a fait naître chez ses aînés des envies d’engagement et de solidarité : « Rien ne me rend plus fière que de les voir vouloir mener des projets collectifs », s’émeut-elle. Observer ses enfants s’engager la touche profondément : « C’est tellement plus facile de rester à jouer aux jeux vidéos », glisse-t-elle, ravie par leur envie de « faire quelque chose qui ait du sens, pas juste réussir pour briller ».

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Julie Caron

Responsable éditoriale Aufeminin

Julie Caron est la responsable éditoriale d’Aufeminin depuis novembre 2023. Après avoir passé 8 années au sein du groupe Marie-Claire, comme cheffe de rubriques société, psycho, éducation et lifestyle print …

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