
« Debout et en jeu », toute jeune l’association, créée en mai dernier par deux Marseillais, Jimmy Courtial et Justine Perrin, est d’abord l’histoire de leur couple. Lui, 38 ans, ancien pompier de Paris passionné de rugby, entraîneur au Smuc (8e) pendant dix ans. Elle, 35 ans, sportive infatigable et professeure des écoles à la maternelle Les trois ponts (10e). « Quand on a commencé à voyager ensemble, en Asie ou au Kirghizistan, sac sur le dos à la rencontre des habitants, on s’est vite rendu compte que ce qu’il nous marquait le plus, à notre retour, ce n’était ni les paysages, ni les plages, mais le sourire des enfants quand on échangeait avec eux« , déroule l’enseignante.
« Au Laos et au Cambodge, les enfants manquent de tout mais sont tellement avides d’apprendre et de jouer qu’on a décidé de revenir avec un peu plus de moyens« , pose le rugbyman qui a participé pendant quatre ans à l’École des XV dans les quartiers Nord. L’association structure leurs envies : partager les valeurs du rugby via des ateliers d’initiation, dispenser des cours de français ludiques, apporter du matériel sportif et des fournitures scolaires. « En un mois nous avons récolté presque 100 kilos de matériel ! Maintenant, il faut songer à la logistique, c’est pourquoi nous recherchons toujours des partenaires…« , insiste le couple.
« Donner à ces enfants qui grandissent loin des sociétés de consommation, qui ne consomment que la vie… »
Ce mercredi 17 juin, entre les poteaux du terrain de rugby, toutes les catégories de l’école de rugby du Smuc se succèdent. Et il y a du monde sur la pelouse synthétique de l’avenue Clot-Bey. S’il observe les derniers entraînements de la saison, Jimmy Courtial, regarde déjà en direction du Laos et le Cambodge. « Nous avons déjà des contacts sur place, notamment avec un orphelinat et une école. Là-bas, les enfants pratiquent déjà la boxe laotienne et le sport national, la pétanque, mais ils n’ont jamais entendu parler de rugby…« , se marre l’ancien entraîneur qui a déjà concocté ses séances. « Ce qu’on aime avant tout, c’est de donner à ces enfants qui grandissent loin des sociétés de consommation, qui ne consomment que la vie…« , reprend Justine qui embarquera avec elle tout un arsenal pédagogique plastifié qu’elle vient de mettre au point.
Mais le couple voit grand et loin en fixant les objectifs de l’association Debout et en jeu, à long terme. Avec comme finalité, la construction d’une rugby-école dans les quatre ans à venir. Un modèle unique qui associera la pratique du rugby le matin et l’enseignement scolaire l’après-midi. « Parce que le rugby est une école de la vie. Tous les gabarits ont leur place et puis on apprend à tomber et à se relever« , souffle Jimmy. Une belle histoire qui débutera modestement le 22 juillet avec un ballon, quelques crayons et une énergie sans frontière.
[email protected]/@deboutetenjeu
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