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Débloquer du crédit pour les PME néerlandaises

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La nouvelle loi sur l’abolition des interdictions de gage vise à donner au secteur des entreprises néerlandais une forte impulsion en matière d’investissement et d’innovation en augmentant le potentiel de crédit pour les entreprises néerlandaises.

Bien que les créances pécuniaires soient, en règle générale, transférables en vertu du droit néerlandais, les parties commerciales conviennent souvent de restreindre ou d’exclure contractuellement leur transfert ou leur gage. De tels arrangements visent généralement à éviter aux débiteurs d’avoir à traiter avec des créanciers inconnus ou indésirables. En pratique, cependant, ces restrictions peuvent entraver considérablement l’accès au financement externe, en particulier pour les petites et moyennes entreprises (PME). Les créances monétaires qui ne peuvent pas être transférées ou mises en gage ne conviennent pas comme garantie et sont donc inefficaces comme garantie dans les accords de financement.

Le législateur néerlandais considère cette pratique comme indésirable, car le financement externe joue un rôle essentiel dans la croissance des entreprises. Par ailleurs, des interdictions de transfert ou de nantissement ont déjà été mises en œuvre dans d’autres pays européens, notamment en Allemagne, en Autriche et au Royaume-Uni. Selon le législateur néerlandais, les divergences entre pays voisins faussent les règles du jeu équitables. La nouvelle loi sur l’abolition des interdictions de mise en gage (ci-après « la loi ») vise à éliminer cette distorsion et à accroître la capacité de financement des PME.

Modification du DCC et période de transition

Depuis le 1er juillet 2025, la loi a introduit de nouveaux troisième et quatrième paragraphes à l’article 3:83 du Code civil néerlandais (DCC). Le paragraphe 3 rend nulle toute clause contractuelle entre créancier et débiteur visant à exclure, en tout ou en partie, la transférabilité ou le nantissement des créances pécuniaires. Le nouveau paragraphe 4 prévoit quatre exceptions à cette règle. La loi prévoit une période transitoire de trois mois. Depuis le 1er octobre 2025, la loi s’applique également aux accords existants.

À quels types de réclamations la loi s’applique-t-elle ?

La loi se limite aux interdictions de transfert et de nantissement relatives aux créances pécuniaires découlant « de l’exercice d’une profession ou d’une entreprise ». Les créances autres que pécuniaires ainsi que les créances pécuniaires présentées par des particuliers ne relèvent pas du champ d’application de la loi. « Profession ou entreprise » doit être interprété au sens large : il couvre toutes les réclamations de nature commerciale.

Quelles clauses sont nulles et non avenues ?

La sanction de nullité s’applique à toutes les clauses qui servent à exclure ou à empêcher de toute autre manière la transférabilité ou la nantissement de créances pécuniaires. Les dispositions qui restreignent indirectement la transférabilité sont également nulles, y compris les clauses pénales ou les exigences de consentement qui fonctionnent comme un obstacle pratique à la cession. L’histoire législative offre peu d’indications sur les types de clauses qui entrent dans ce champ d’application, ce qui entraîne un manque de sécurité juridique dans la pratique juridique néerlandaise. Les entreprises doivent donc faire preuve de prudence lorsqu’elles rédigent des clauses qui pourraient être considérées comme limitant (indirectement) la transférabilité ou la possibilité de nantissement des créances. Des précisions supplémentaires sur les clauses nulles et non avenues en vertu de la loi devraient émerger de la jurisprudence future. Enfin, il convient de noter que le champ d’application de la loi se limite aux accords entre le créancier et le débiteur. Les accords contractuels impliquant des tiers (par exemple les clauses de gage négatif) ne relèvent pas du champ d’application de la loi.

Exceptions

Le nouvel article 3:83(4) DCC énonce quatre exceptions à l’article 3:83(3) DCC. Pour les types de créances pécuniaires suivants, l’exclusion de la transférabilité ou du gage reste autorisée :

  1. les créances résultant d’un compte courant ou d’un compte d’épargne ;
  2. les créances résultant d’un financement syndiqué ;
  3. les créances provenant ou sur un organisme de compensation, une contrepartie centrale, un organisme de règlement, une chambre de compensation ou une banque centrale ; et
  4. les créances qui seront payées sur des « comptes G » (compte bancaire bloqué aux Pays-Bas utilisé pour payer des cotisations fiscales spécifiques directement aux autorités fiscales).

Les exceptions visées aux points (1) et (3) sont nécessaires pour garantir le bon fonctionnement des systèmes de paiement et de titres. En exemptant le financement syndiqué, la loi s’aligne sur la documentation standard de la Loan Market Association, qui est couramment utilisée dans les pratiques commerciales internationales pour les prêts syndiqués. Les paiements sur les comptes G sont exclus car ils remplissent une fonction de protection du droit public et ne sont pas transférables.

Obligation de notification par écrit

La loi ajoute également un cinquième paragraphe à la fois à l’article 3:94 et à l’article 3:239 DCC. En vertu de ces dispositions, l’avis de cession ou de nantissement public, ainsi que l’avis de conversion d’une cession ou d’un nantissement non divulgué en un cession divulguée concernant des créances pécuniaires commerciales, doivent désormais être fournis par écrit. Jusqu’à réception d’une mise en demeure écrite, le débiteur est valablement libéré en payant le créancier originel. Cette exigence a été ajoutée pour renforcer la sécurité juridique et protéger les débiteurs en déterminant clairement à quel moment une cession ou un gage prend effet.

Effet sur le marché

La loi devrait créer davantage d’opportunités de financement, en particulier pour les PME. Plusieurs commentateurs ont cependant souligné l’impact de la loi sur le « problème de succession vide » existant : étant donné que les créances monétaires deviendront généralement gagables, une plus petite partie de la succession restera disponible pour distribution aux créanciers chirographaires en cas d’insolvabilité. L’efficacité de la loi sera évaluée après un et quatre ans respectivement.

Ce blog a été rédigé dans le cadre du cours de Master « Practicum : Civilrecht ».