
Le Ruthénois Valentin Rodriguez, après des études artistiques, s’est installé à Toulouse où il a cofondé le musée des Abattoirs. Avant de s’envoler, 20 ans plus tard, vers le Cambodge où il a été attaché culturel et directeur délégué de l’institut français puis de poursuivre la même mission, en Turquie.
Il œuvre à la rétrospective Pierre Soulages, au musée des Abattoirs de Toulouse, en 2001, soit treize ans avant l’ouverture du musée consacré à l’artiste ruthénois au cœur de sa ville de naissance. Rodez où est né Valentin Rodriguez, en octobre 1966, et Toulouse où il a marqué de son empreinte la vie culturelle locale (et au-delà) durant plus de 20 ans, cofondant Les Abattoirs, haut lieu de l’art moderne et contemporain au rayonnement international, alors qu’il était le directeur artistique et des collections de l’établissement et conservateur du patrimoine.
Il est aujourd’hui diplomate, attaché culturel à l’ambassade de France à Istanbul après avoir occupé le même poste, pendant quatre années, à Phnom Penh, au Cambodge.
Le musée des Abattoirs, « une aventure folle »
Un beau parcours qui débute sur les bancs de l’école Sarrus, à Rodez, se poursuit au collège Fabre et enfin au lycée Monteil. Mais le jeune homme est attiré par l’art, sa pratique, son histoire… « Mes parents m’ont toujours soutenu. Ils m’ont dit : « Si c’est ça que tu as envie de faire, fais-le ». J’avais trouvé ma route. »
Il entame alors un BEP de restauration et de sculpture sur bois avant d’intégrer l’école des Beaux-Arts de Perpignan. Puis celle de Toulouse qui lui permet de passer une année en Erasmus, à Tenerife. De retour, il valide son diplôme avant de rejoindre l’université Paul-Valéry de Montpellier où il obtient un DESS « recherche conservation, art du XXe siècle, département histoire de l’art », major de sa promotion.
« Après mes études, j’ai travaillé dans tous les formats liés aux arts visuels », indique l’Aveyronnais qui intègre le centre régional d’art contemporain à Labège, aux portes de Toulouse, la préfecture de Haute-Garonne où il sera donc à l’origine de la création du musée des Abattoirs avec Alain Mousseigne, qui ouvre en juin 2000. « Une aventure folle, se rappelle-t-il. C’était très novateur à l’époque et c’est un modèle qui perdure. »
Il organise, au fil de deux décennies, de nombreuses actions culturelles et monte de multiples expositions, dans les murs et hors les murs, dont, en 2019, « Picasso et l’exil, une histoire de l’art espagnol en résistance », un thème cher à Valentin Rodriguez, petit-fils de républicain assassiné en Andalousie, et dont les parents ont fui le régime dictatorial du général Franco.
Mais « j’avais dit que je partirais après 20 ans », se souvient-il.
Et le voici donc, en 2020, en partance pour Phnom Penh où il sera attaché culturel et directeur délégué de l’Institut français du Cambodge. « Une période merveilleuse, sourit-il. J’ai pu mettre en valeur mon expérience et mes compétences. Il y a une très belle relation entre la France et le Cambodge » où se déroulera, en 2026, le prochain sommet de la francophonie. Quatre années durant lesquelles le Ruthénois se réjouit d’avoir « redynamisé l’Institut français » qui accueillait, au moment de son départ, « jusqu’à 130 000 visiteurs par an, ce qui en fait un lieu culturel important du Cambodge ».
Après Phnom Penh, Istanbul
Une riche expérience et « une nouvelle aventure » que Valentin Rodriguez va poursuivre, cette fois-ci, à Istanbul, où il a été nommé par le ministère de la Culture et le ministère des Affaires étrangères, en novembre dernier. « Je passe de l’Extrême-Orient au Proche-Orient, souligne-t-il. La Turquie est un carrefour culturel d’une incroyable richesse. Istanbul possède un très bel opéra et présente une véritable scène artistique très bien structurée, à l’image d’une capitale mondiale. »
Une capitale qui organisera sa biennale internationale d’art contemporain, du 20 septembre au 23 novembre prochain. Un événement auquel participeront Benoît Decron, qui fut directeur du musée Soulages de Rodez, à sa création et jusqu’à juillet dernier, ainsi que la nouvelle direction du musée des Abattoirs.
« Les échanges culturels entre la France et la Turquie sont nombreux », insiste l’Aveyronnais qui souhaite créer « des constellations, des complicités ».
Idées, projets et beaucoup d’enthousiasme guident les pas de l’attaché culturel qui investit son énergie et met en avant son expérience, ses compétences pour accomplir sa mission.
Et s’il a choisi de passer les quatre prochaines années à Istanbul, il maintient un lien fort avec sa ville natale. Lui qui avoue un fort attachement au musée Soulages dont il a « aidé la première conservatrice, Estelle Pietrzyk », et qui se dit « très admiratif du travail de Benoît Decron. »
« En Aveyron, je me ressource, insiste Valentin Rodriguez. C’est important de ne pas oublier d’où on vient. »
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