Ce cousin du Premier ministre détenait 30% d’une société liée à des cyberarnaques: au Cambodge, un homme d’affaires se défend après avoir admis posséder des parts dans …

L’homme d’affaires cambodgien Hun To, cousin de l’actuel Premier ministre du Cambodge, a indiqué avoir détenu 30% des parts d’une société financière accusée par les États-Unis d’avoir blanchi de l’argent issu d’escroqueries en ligne.

Un cousin du Premier ministre cambodgien Hun Manet a déclaré mercredi avoir détenu 30% des parts d’une société financière liée à des escroqueries en ligne et du blanchiment d’argent. « Je voudrais informer le public que j’ai effectivement possédé 30% des actions de HUIONE PAY PLC », a indiqué dans un communiqué l’homme d’affaires Hun To, qui est également le neveu de l’ancien dirigeant Hun Sen, toujours influent au Cambodge.

Basé à Phnom Penh, le groupe Huione comprenait plusieurs sociétés proposant des services de commerce électronique, d’échange de cryptomonnaies et de paiement, dont Huione Pay. Le gouvernement américain l’a accusé l’an dernier d’avoir blanchi de l’argent issu d’escroqueries en ligne au profit de la Corée du Nord et de groupes criminels d’Asie du Sud-Est.

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L’ancien président du groupe, Li Xiong, a été extradé du Cambodge vers la Chine le 1er avril. Les autorités chinoises affirment qu’il était au coeur d’un vaste réseau criminel de jeux d’argent et de fraudes. Selon un rapport du liquidateur Reachs & Partners, Li Xiong détenait 62% des actions de Huione Pay et Hun To 30%. Ce dernier a affirmé qu’il n’en gérait pas les opérations commerciales et qu’il n’avait « jamais reçu de bénéfices, dividendes ou actifs de cette société », dont la liquidation a été achevée en octobre 2025.

Une nouvelle place forte de la cybercriminalité

Des manifestants réclament depuis le mois dernier à Phnom Penh le déblocage de leurs comptes sur la plateforme H-Pay (anciennement Huione Pay), qu’ils disent être inaccessibles depuis décembre. La Banque nationale du Cambodge a fait savoir que les licences commerciales des plateformes appartenant au groupe Huione avaient été révoquées.

Le Cambodge est devenu ces dernières années une place forte de la cybercriminalité. Des arnaqueurs – contraints ou non de travailler sous la menace – y piègent des internautes du monde entier, via notamment de fausses relations amoureuses ou des investissements dans les cryptomonnaies. Mais sous la pression de la Chine et de plusieurs autres pays, les autorités cambodgiennes, longtemps accusées de fermer les yeux, affirment s’attaquer avec force à cette industrie clandestine pesant des milliards de dollars.

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