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Avocat; un suprémaciste innocenté à Paris

Un nouvel article s’intitule « un suprémaciste innocenté à Paris » et vient d’être mis en ligne.

Aux comparutions immédiates du tribunal de Paris, les sujets de discussion sont souvent les mêmes. On parle d’addiction avec un toxicomane. On parle d’emprise avec une victime de violences conjugales. De l’emprisonnement au parcours de vie, les mêmes mots tournent en boucle dans cette arène judiciaire qui juge à la chaîne. Mais ce jeudi 8 janvier 2026, la 23e chambre fait un impressionnant pas de côté. « La base de l’Europe, c’est l’empire romain », s’énerve le prévenu dans son box avant d’être repris par la présidente qui elle aussi s’y connaît en Rome impériale. Comment en est-on arrivé à glisser une toge romaine au milieu de celles des avocats ? 

« White Power ! À bas la République ! »

Si l’on convoque la grande histoire dans le prétoire, c’est que le tribunal doit juger un anachronisme. Crâne chauve, barbiche mousquetaire et sourire mauvais, Alexis I. pourrait tout autant provenir des années 40 que de la maison d’arrêt de Villepinte où il est détenu. Ce suprêmaciste enragé trempe dans les milieux les plus extrêmes. Se déclarant recruteur pour le régiment Azov en Ukraine, il veut monter sa société militaire en Bosnie. Marcher au pas de l’oie est sa profession de foi. Racisme et antisémitisme ses mantras. 

Pour ce Niçois de 38 ans multicondamné, les convocations judiciaires sont devenues un terrain de jeu pour ses provocations haineuses. Le box vitré prend des airs de vitrine pour ses idées nauséabondes. Jugé les 15 septembre et 15 octobre dernier, Alexis I. s’est livré à la même outrance. Au moment du délibéré, son bras s’est levé pour un salut romain. « White power. À bas la République », a-t-il lancé aux juges. 

Nouveau salut nazi à l’audience

Le voici donc ce jeudi jugé pour outrage à magistrat. La demi-heure d’audience ne rimera pas avec repentance. Avant même l’ouverture des débats, le prévenu se targue devant son avocate de « dire ce qu’il a à dire ». La pénaliste l’exhorte à ne pas faire d’esbrouffe. Voeu pieu. Alors que la présidente se lance dans la lecture des faits, un air goguenard déforme le visage du suprémaciste. Le rappel de l’infraction a des airs de bon souvenir. 

Le prévenu se lève et se lance dans un monologue pétri de suffisance, sur le fait qu’un bras tendu est un salut romain et n’a rien d’illégal. « Le salut nazi, ça n’existe pas ! », martèle-t-il ! 

« Mais si vous faites le salut de l’empire romain, pourquoi vous criez White Power ? La langue anglaise à cette époque c’était pas trop ça », lui lance la présidente avec ironie. 

« Mais je crie ça comme les nègres brandissent des pancartes Black lives matter », rétorque le prévenu.

Le terme raciste suscite une onde de choc dans la salle. Tout content de son effet, Alexis I. mêle le geste à la parole choc. Il exécute un nouveau salut nazi. Face à ce bras tendu, son avocate est au désespoir. Les juges médusés. La salle décontenancée. 

Un an de prison requis 

La présidente ne se laisse pourtant pas déstabiliser et tente de faire changer de camp la provocation. « Vous criez à bas la République. Mais pourtant qui a créé la République ? Les Romains non ? », glisse-t-elle. « Vous n’allez pas confondre la république romaine et votre minable république », s’emporte le prévenu. « L’Histoire, vous en prenez que ce que vous avez envie de prendre », lance la magistrate en guise de conclusion. 

Pour le procureur, pas besoin de démontrer jusqu’au bout de la nuit. Alexis I. est coupable de ce qu’on lui reproche. Le magistrat décrit le prévenu comme un homme qui se cherche une tribune pour fanfaronner. Il évoque une « haine très profonde, viscérale à tout ce qui représente la justice ». Une peine de 12 mois de prison avec maintien en détention est requise. 

Le salut romain est-il un outrage ? 

Après une audience à tenter sans succès de faire taire son client, l’avocate se lance dans sa plaidoirie. Elle l’affirme en préambule, en aucun cas elle ne se joint aux idées du prévenu. Le coeur de son argumentaire : la caractérisation de l’infraction. « Si ces faits peuvent être qualifiés de graves, ils ne peuvent pas rentrer dans le cadre de l’outrage à magistrat » martèle la pénaliste. Le salut romain et les propos ne visant personne en particulier, il n’y aurait donc pas lieu de condamner. 

Et coup de tonnerre. L’argumentaire de la défense paie. Le tribunal décide de relaxer Alexis I., estimant que le bras tendu ne consistait pas en un outrage contre des magistrats. Dans le box, le suprémaciste n’a pas l’air d’y croire. Il ne reviendra pas dans le box pour une nouvelle édition de sa tribune haineuse. Face à la présidente, il relève une dernière fois le bras. Une ultime provocation sans effet qui ne manque pas de faire sourire la magistrate. « C’est fou ce que certains prévenus peuvent être prévisibles », glisse-t-elle avant de passer avec indifférence au dossier suivant tandis qu’Alexis I. retourne en détention. 

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