Au Cambodge, les travailleurs revenus de Thaïlande tombent dans les filets de la cybercriminalité

Des travailleurs migrants rentrent au Cambodge par le poste-frontière international de Daung, à Kamrieng, entre le Cambodge et la Thaïlande, le 6 août 2025. Des travailleurs migrants rentrent au Cambodge par le poste-frontière international de Daung, à Kamrieng, entre le Cambodge et la Thaïlande, le 6 août 2025.

Chapeau de feutre, jeans noirs, serpette à la main, Ruon Channa, un Cambodgien de 19 ans, a travaillé trois ans avec son frère au Talaad Thai, le grand marché agricole au nord de Bangkok. Le voici de retour dans son village près de Kamrieng (province de Battambang), dans le nord-ouest du Cambodge, à sarcler avec une dizaine de villageois le champ de soja d’une voisine pour le maigre revenu de 6 euros par jour. En Thaïlande, lui et d’autres jeunes migrants du village travaillaient chez des grossistes et gagnaient au moins 600 bahts (16 euros) par jour. Quand le conflit frontalier avec la Thaïlande s’est envenimé en juin, le gouvernement les a incités à revenir au Cambodge, leur promettant 1 million d’emplois et des avantages sociaux. En tout, au moins 910 000 travailleurs migrants seraient rentrés au pays depuis, selon le Cambodia Development Resource Institute.

« C’était une promesse orale », soupire la mère de Ruon Channa, Tun Tong. L’argent de ses fils, environ 130 euros par mois, lui servait à rembourser un emprunt d’environ 10 000 dollars (8 500 euros) contracté auprès d’une agence de microfinance. Elle avait mis en gage sa parcelle de manioc. Or, non seulement les salaires de ses fils sont insuffisants, mais elle craint de ne pouvoir écouler son manioc, à l’origine destiné à la Thaïlande : les frontières terrestres ont été fermées par Bangkok au printemps et le sont toujours. « Maintenant, j’ai peur pour mon terrain », murmure la paysanne.

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